Bon après-midi ou Bonne après-midi ?

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Fred
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Bon après-midi ou Bonne après-midi ?

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ORTHOGRAPHE : «Bonne après-midi» ou «Bon après-midi» ?
Les formules sont courantes. Est-il pour autant correct de les employer ?


À l'oral, certains disent «je te souhaite un bon après-midi», d'autres «une bonne après-midi». À l'écrit, les deux formules s'échangent invariablement l'article au masculin et au féminin. Ainsi voit-on souvent noté «À cet après-midi» et à l'inverse «À cette après-midi». Mais quand est-il correct de féminiser la locution ? Est-ce faire un abus de langage que de l'accorder ?

Ouvrons les thésaurus. Au risque d'en décevoir certains, il sera impossible de donner une réponse exclusive. Ni Le Petit Robert, le Larousse, ni le CNRTL n'ont tranché la question. Le substantif né au début du XVIe siècle est en effet amphigame et se construit autant avec des articles masculins que féminins.

La locution se retrouve ainsi invariablement accordée en littérature. Notons par exemple l'emploi du substantif au féminin chez Jean Giono, en 1947, dans Un roi sans divertissement: «Sa femme, plus âgée que lui, était une créole toujours belle et lente comme une après-midi de fin juin.» Et inversement, l'expression traduite au masculin chez Nietzsche, en 1888, dans Ecce homo: «Je voudrais dire encore un mot à l'adresse des oreilles exquises: ce que, quant à moi, je demande véritablement à la musique. Qu'elle soit de belle humeur, désinvolte, tendre et profonde comme un après-midi d'octobre.» Est-ce à dire, pour autant, que le terme «après-midi» ne réponde à aucune règle ? Non selon l'Académie française.

Pour étayer leur assertion, les sages expliquent ainsi qu'en suivant le genre du nom «midi» il est cohérent voire logique d'employer le masculin avec le terme «après-midi». Retenons donc, pour être bienséant, que la formule s'écrit davantage au masculin, telle que le notait déjà il y a deux siècles Flaubert dans Bouvard et Pécuchet ou bien encore Camus dans L'Étranger en 1942. Bon après-midi !